All Posts in Réflexions

25 janvier 2015 - 12 comments

Le petit bilan de 2014…

Je n'écris pas trop sur ce blog, et d'une manière générale, je n'écris plus trop. Parler de soi est un exercice intéressant mais difficile, et surtout de moins en moins naturel. Séparer mes blogs selon les sujets correspond assez bien à ma façon de séparer certains aspects de ma vie, même si au final, j'ai le sentiment que tout se recoupe. Les lecteurs sont les mêmes. La seule différence, c'est qu'il est difficile d'arriver sur ce blog par accident (il est caché des moteurs de recherches), à l'inverse de mon blog pro. J'admire ceux qui arrivent à parler aussi bien de leurs états d'âmes que de leurs coups de cœurs sur leur blog lié à leur activité professionnelle. Mon envie de partage me complexe parfois au point de penser à l'excès de narcissisme et à finalement lâcher l'éponge en me disant "de toute façon, ça n'intéressera personne". Aujourd'hui, je crois que je fais surtout ce billet pour moi. Car j'aime ces billets bilans qui permettent de revenir sur certains points et ouvrent vers de nouvelles perspectives. J'aime les relire, une fois par an, pour voir l'évolution, qu'elle soit positive, négative, ou nulle.
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11 janvier 2014 - 11 comments

Et toi, tu gères comment ton argent ?

J'ai posé la question sur Twitter aujourd'hui, en étayant un peu avec ma situation, qui est la suivante :

  • Je suis en couple, nous avons un compte personnel chacune, compte qui recueille notre salaire mensuel et nos dépenses personnelles (celles que l'on gère avec notre CB)
  • Il y a une bonne différence de salaire entre nous deux, ce qui fait que l'on n'est pas à "égalité", et qu'il faut que l'une compense ce que l'autre ne peut assurer
  • J'ai des rentrées ponctuelles qui sont inégales du fait de mon statut indépendant en parallèle de mon travail salarié
  • Nous sommes propriétaires de notre logement (ce qui veut dire crédit immo et une bonne partie de notre "gros pécule" parti dans ce logement, le reste étant bloqué)
  • Nous avons également un compte commun sur lequel s'effectue la grande majorité des prélèvements mensuels, que l'on nourrit chacune à réception de notre salaire, proportionnellement à ce que l'on peut apporter par rapport à nos ressources, ce qui nous permet de savoir exactement ce qui nous reste pour vivre / manger / sortir.
  • Pratiquement tout est mensualisé (impôts, edf, eau…)
  • La majorité de notre épargne est bloquée, le reste étant assez peu fourni (on est en flux tendu depuis l'achat immo)

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31 décembre 2013 - 5 comments

Un « petit » bilan de 2013

Une fois n'est pas coutume, j'ai eu envie d'écrire sur ce qu'a été pour moi l'année 2013. Riche en ascenseurs émotionnels, en je-sais-pas-ce-que-je-veux, c’était l’année des désillusions d’un côté, des révélations de l’autre. Une année où j’ai le sentiment d’avoir un peu plus mûri que les précédentes. Une année qui m’a fait beaucoup avancer.

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19 décembre 2013 - 10 comments

La vie à la campagne

J'ai souvent lu que "la vie à la campagne, c'est la vie pure, la vraie vie". "Tu verras, à la campagne, tu pourras te ressourcer et vivre la vie que tu voudras".

Eh bien moi, la vie à la campagne, ça me faisait un peu peur, au début. Née dans un coin un peu perdu où l'on croisait sempiternellement les mêmes personnes, j'ai fui, dès que j'ai pu, cet endroit qui ne me correspondait pas. J'ai fui et atterri dans une grande ville : Lyon. C'était nouveau pour moi, ces métros qui passaient toutes les 3 minutes, plutôt habituée à une unique ligne de bus passant une fois par heure, pour nous mener encore et toujours aux mêmes endroits. À Lyon, j'avais l'opportunité de bouger, découvrir, rencontrer. S'ouvrait à moi la possibilité de faire autre chose que ce que l'on me proposait là-haut. Je n'ai jamais choisi de faire allemand deuxième langue, je n'ai simplement pas eu le choix. Je n'ai jamais choisi de faire option SES, je n'ai simplement pas eu le choix. Je n'ai jamais choisi de faire de l'anglais de spécialité. Je n'ai simplement pas eu le choix. Les effectifs réduits, les classes fermées, ce sont autant de choix qui ne sont plus. Vivre dans des coins paumés, c'est se retrouver emprisonné des choix que l'on fait pour nous : tu iras faire tes études à Nancy, ma fille. Tu feras telle licence, ma fille.

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29 mars 2013 - No Comments!

J’ai perdu mon innocence

J'en ai déjà parlé ici, les débats, les commentaires, les manifestations contre le mariage pour tous pèsent sur mon moral. Je ne peux pas m'empêcher d'avoir une pensée pour ces homosexuels qui ne s'assument pas, qui vivent mal leur orientation sexuelle, à qui on dit de façon de plus en plus décomplexée "va crever petite tapette".

Les homosexuels ont un taux de suicide 13 fois plus élevé que les hétérosexuels. Treize fois. Treize. Et ça, c'est en temps "normal", quand le climat n'est pas hostile.

Le Refuge, association accueillant les jeunes homos fichus dehors par leur famille (qui a pourtant de si belles valeurs) a enregistré en 2012 deux fois plus d'accueils qu'en 2011, dont la moitié en décembre, mois durant lequel ont commencé les hostilités.

Tout s'est rapproché

Après ces quelques mois de débats, où ces gens qui prônent la famille défilent et font défiler leurs jeunes enfants encore incapables de penser par eux-mêmes, dans le simple but de s'imposer comme unique modèle de valeur, j'ai réalisé une chose : ces gens-là m'ont fait perdre mon innocence.

Je sais que l'homophobie existe. Je sais que des gens en tuent d'autres à cause de leur orientation sexuelle. Je sais que certaines de mes amies ont été reniées par leurs parents. Je le sais.

Ce que je ne savais pas, c'est qu'elle était si proche, si palpable, si présente. Je ne savais pas que les gens qui m'entouraient, dans le métro, dans la rue, dans mon village, pouvaient être des gens haineux au point d'être si violent. De mettre des enfants, leurs enfants, en face de CRS.

Et aujourd'hui, quand je suis dans le métro et que je souris à un vieux monsieur à qui j'ai cédé ma place, mon cœur se serre et je me dis "et si c'était un de ces connards ?". Et puis, dans la mili-seconde qui suit, je me déteste d'avoir eu cette pensée. Alors évidemment, j'ai pour habitude de dire "il ne faut pas généraliser". 200 000 personnes ne peuvent pas être les représentants d'une pensée unique. Mais quand même. Je déteste ce que ces gens ont fait de moi. Je déteste ce que les médias ont relayé. Je déteste que ces manifestants, et une habile manipulation médiatique qui les a mis en lumière absolument partout, aient fait de moi cette personne qui se méfie de l'Autre.

 

10 décembre 2012 - 2 comments

Le mariage pour tous : tous contre le mariage

Le mariage homosexuel, nommé "mariage pour tous" pour enlever toute la stigmatisation du propos et souligner son caractère égalitaire, fait couler beaucoup (trop) d'encre depuis qu'il devient de plus en plus concret. Le gouvernement de François Hollande a jeté un énorme pavé dans la mare .

Je ne regarde pas les informations télévisées, je suis l'actualité d'une toute autre façon : via les réseaux sociaux. Je suis abonnée à deux pages Facebook en ce qui concerne l'actualité : celle du Monde, et celle de Rue89, et mon autre source provient de mon fil Twitter. Autant dire que ces deux canaux restreignent énormément les nouvelles que je peux lire, mais elles me suffisent. Je préfère peu d'infos, mais de l'info choisie. Je me fiche de savoir qu'une mamie du Périgord produit son lait elle-même (ping monsieur Pernaut) ou que Matt Pokora a sorti son dernier album.

Quand un sujet m'interpelle, donc, je vais le lire. Et ça a été le cas des tous les articles sortis au sujet du mariage pour tous. Je les ai lus, calmement, en assimilant l'information. Mes sources étant plutôt de gauche, je suis rarement énervée à la lecture de l'article lui-même.

J'aimerais en dire autant quand vient le moment où je décide de lire les commentaires. Ce moment, je le regrette toujours, car il fait naître en moi des sentiments contradictoires. Il serait bien difficile de tenter de les expliquer, et cela nécessite un peu de recontextualisation.

Je suis homosexuelle.

C'est une phrase que j'ai beaucoup de mal à dire. Non pas parce que j'ai honte de ce que je suis, ni parce que je le vis mal, mais parce que je déteste qu'on ne me voie que comme ça. Et pourtant, je suis complètement out, dans ma vie personnelle comme dans ma vie professionnelle. J'ai la chance d'exercer un métier dans un secteur où les gens sont plutôt ouverts d'esprit, ce qui est loin d'être le cas partout. Je ne me suis jamais cachée et je n'ai jamais eu à le faire : chacun de mes coming-out a été accueilli énormément d'amour et de compréhension. Ou d'indifférence. Qui est finalement la réaction que je préfère.

Je m'estime comme chanceuse.

Mon couple est mon roc. Je suis avec ma femme depuis bientôt 8 ans. Et comme dans tout couple, il y a eu des hauts, des bas, il y a des projets, des envies d'avancer. Nous n'avons pas vraiment envie de nous marier, puisque pour nous, c'est un peu comme si c'était déjà fait. Nous nous sommes pacsées, il y 6 ans, seules toutes les deux, assises devant un bureau, dans une pièce plutôt sombre, face à une dame en noir, les traits tirés, pas du tout souriante, au tribunal. On s'en fichait, on était heureuses, et puis de toute façon, on n'avait pas droit à mieux. Si un jour nous nous marions, c'est qu'il y aura un bébé dans la partie, pour que ma moitié puisse adopter mon enfant, sans quoi elle n'aurait aucun droit sur lui, n'étant pas biologiquement sa mère.

Alors quand même, toute cette actualité autour du mariage pour tous m'intéresse. Je lis, me documente, et passe énormément de temps à lire les commentaires des personnes qui font comme moi : qui lisent, se documentent, puis donnent leur avis. Il y a beaucoup de commentaires gentils, à base de "ça devrait déjà être fait", "je ne vois pas pourquoi on en discute encore". Mais il y aussi beaucoup de haine. D'aussi longtemps que je me souvienne, je n'ai jamais eu si souvent le cœur serré. D'après ce que je lis, je suis une personne anormale, qui va mettre en danger l'équilibre de la famille, dont la reproduction ne serait que la satisfaction d'un désir d'adulte égocentrique, qui fait du mal, et qui met en danger les enfants qui l'approchent.

Et là, je remercie mon entourage d'être ce qu'ils sont : des personnes réfléchies, sans idées pré-conçues. Des personnes remplies d'amour, qui savent que le fait d'aimer une femme ne fait pas de moi quelqu'un d'inapte à élever un enfant. De mon entourage, trois couples m'ont choisie pour être la marraine de leur enfant. Si j'en crois la promesse que je leur ai faite, il s'agit d'élever leur enfant s'il venait à leur arriver quelque chose. Ils m'ont choisie pour être une personne spéciale dans la vie de leur enfant. Bref, ils m'ont choisie pour ce qu'ils savent que je suis, une femme normale et équilibrée, et non pour ce que la société pense que je suis. Et j'en passe, évidemment.

Quand je lis toute cette haine, dans les commentaires, j'ai envie de crier au monde que non, BORDEL, je ne suis pas ce monstre qu'ils décrivent. Que ce projet d'enfant est dans ma tête depuis des années, et qu'il ne se concrétisera que lorsque nous, ses parents, seront vraiment prêts à le réaliser, quand nous pourrons subvenir à ses besoins de façon certaine et pérenne. Bref, au meilleur moment pour l'accueillir de la meilleure façon possible. Je ne peux pas avoir d'enfant "par accident". Cela fait au moins une raison qui prouve que mon enfant n'arrivera pas par hasard, et que son arrivée sera comblée d'amour, car son arrivée, cela fera des années qu'on l'aura préparée.

Qui es-tu, toi, autre, pour juger de ma capacité à aimer ?